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Frais généraux d'un atelier : comment calculer la part à mettre dans le prix de chaque création

Vous avez calculé la matière, le temps passé, l'emballage. Reste une ligne que presque personne ne remplit : tout ce que vous payez pour que l'atelier existe, avant même d'y fabriquer quoi que ce soit. Le loyer du local, l'électricité, l'assurance, l'abonnement à votre site, le logiciel de facturation, les frais bancaires. Ces charges-là tombent chaque mois, que vous vendiez dix pièces ou cent, et elles ne figurent sur aucune étiquette. Résultat, elles sont payées par votre marge, en silence. Voici comment les additionner, les rapporter à vos heures de travail, et en mettre la juste part dans chaque création, sans jargon comptable.

1. Ce qu'on appelle « frais généraux » (et ce qui n'en est pas)

Les frais généraux sont les dépenses de votre activité qui ne sont liées à aucune création en particulier. Si vous pouvez dire « ce fil sert à ce sac », c'est de la matière. Si vous ne pouvez pas dire « ce loyer sert à ce sac plutôt qu'à celui d'à côté », c'est un frais général. On y range typiquement le loyer ou la part d'atelier à domicile, l'électricité et le chauffage, l'assurance professionnelle, l'abonnement internet, le site web et le nom de domaine, les logiciels, les frais bancaires, la comptabilité et les petites fournitures de bureau. Ne les confondez pas avec trois autres postes qui ont déjà leur place dans le coût de revient : l'achat de vos machines (l'amortissement), vos cotisations sociales, et les frais prélevés par les plateformes de vente. Les compter ici en plus reviendrait à les payer deux fois dans votre prix.

2. Faire l'inventaire sur un mois type

Prenez vos relevés bancaires des trois ou six derniers mois et notez chaque dépense qui ne correspond à aucune commande précise. Pour les charges annuelles, comme l'assurance ou le nom de domaine, divisez par douze. Pour un local partagé avec votre logement, ne retenez que la part qui sert vraiment à l'activité : une pièce sur cinq, c'est un cinquième du loyer et des charges, pas la totalité. L'exercice est un peu fastidieux la première fois, mais il réserve des surprises : on découvre presque toujours un abonnement oublié ou un logiciel payé en double. Gardez le total mensuel, c'est lui qui servira de point de départ.

3. Rapporter ce total à vos heures réellement productives

Un total mensuel ne dit pas encore quelle part mettre dans un produit. Pour y arriver, il faut le transformer en un coût par heure de travail, le plus souvent appelé overhead horaire : vos frais généraux du mois divisés par le nombre d'heures où vous fabriquez réellement. C'est ici que se joue l'essentiel, parce que le diviseur compte autant que le total. Si vous divisez par les 160 heures d'un temps plein théorique, alors que vous ne fabriquez que 75 heures par mois, le reste étant pris par les photos, les messages clients, les achats et la comptabilité, vous répartissez vos charges sur des heures qui n'existent pas, et vous en laissez la moitié à votre charge. Partez du temps que vous passez réellement à fabriquer des pièces à vendre. Les autres heures ne sont pas perdues : leurs coûts sont justement ce que vos frais généraux et votre taux horaire sont censés couvrir.

4. Mettre la juste part dans chaque création

Une fois l'overhead horaire connu, la part d'une création est très simple : cet overhead horaire multiplié par le temps de fabrication de la pièce. Prenons un atelier de bougies. Les charges du mois sont de 375 € : 220 € de loyer d'atelier, 45 € d'électricité, 25 € d'assurance, 30 € pour le site et les logiciels, 35 € de frais bancaires et de comptabilité, 20 € d'internet. L'artisane fabrique 75 heures par mois : 375 ÷ 75 donne 5,00 € de frais généraux par heure travaillée. Une bougie demande 45 minutes de travail, soit 3,75 € de frais généraux. Côté coût de revient, elle compte 4,20 € de cire, de mèche et de parfum, 15,00 € de main d'œuvre (45 minutes à 20 € de l'heure), 0,80 € d'emballage et ces 3,75 €, soit 23,75 €. Vendue 38 €, la marge réelle est de 37,5 %. Sans les frais généraux, le coût serait de 20,00 € et la marge afficherait 47,4 % : dix points de marge qui n'existaient que dans le calcul. Pour viser 40 % de marge, il faut vendre la bougie 39,60 €.

Une bougie coulée, avec sa part de frais généraux
Cire, mèche et parfum
4,20 €
Main d'œuvre, 45 min à 20 €/h
15,00 €
Emballage
0,80 €
Frais généraux, 45 min à 5 €/h
3,75 €
Coût de revient
23,75 €

Marge sans les frais généraux

47,4 %

Marge réelle

37,5 %

Sur 100 bougies par mois : 375 € de charges d'atelier à couvrir, avant d'avoir gagné un euro.

5. Ce que l'overhead horaire change quand le temps varie

Un avantage de cette méthode : elle est équitable. Une pièce longue à fabriquer reçoit plus de frais généraux qu'une pièce rapide, ce qui correspond à la réalité de l'occupation de votre atelier. Une grande pièce de 3 heures porte 15 € de frais généraux, un petit objet de 20 minutes en porte 1,67 €. À l'inverse, si vous produisez peu pendant un mois creux, votre overhead horaire grimpe mécaniquement, parce que les mêmes charges se répartissent sur moins d'heures. Ne changez pas votre prix tous les mois pour autant : calculez l'overhead sur une moyenne de plusieurs mois, et relancez le calcul une ou deux fois par an, ou quand un poste change nettement, comme un nouveau loyer ou un atelier agrandi.

6. Trois erreurs qui faussent le calcul

La première est d'oublier une catégorie entière de charges parce qu'elles sont payées par prélèvement et qu'on ne les voit plus : assurance, banque, logiciels. La deuxième est de compter son temps de travail deux fois : le salaire que vous vous versez est dans votre taux horaire, pas dans les frais généraux. La troisième est d'attendre d'avoir tout calculé à l'euro près pour s'y mettre. Une estimation à dix pour cent près vaut infiniment mieux qu'un overhead à zéro : commencez avec ce que vous savez, affinez ensuite. Même approximatif, ce poste vous évitera de vendre en croyant gagner dix points de marge qui n'existent pas.

Les frais généraux sont le poste le plus facile à oublier, parce qu'aucune commande ne le déclenche : l'atelier existe, donc il se paie, et c'est votre marge qui avance l'argent. Additionnez vos charges sur un mois type, divisez par vos heures de fabrication réelles, et ajoutez cette part au coût de chaque création. Avec CopilArt, vous renseignez vos frais fixes une seule fois, ils sont répartis automatiquement selon le temps de travail de chaque produit, et le prix se recalcule dès que vous les modifiez.

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