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20 juillet 2026 · 8 min de lecture

Comment faire un devis pour une commande sur mesure sans vous faire avoir sur le prix

Une commande sur mesure, c'est le moment où un client vous fait le plus confiance — et celui où vous risquez le plus de vous faire avoir sur le prix. Contrairement à une création déjà en boutique, il n'y a pas de prix affiché à copier : il faut le construire, pièce par pièce, sans point de repère. Voici comment rédiger un devis qui protège votre rentabilité, du premier chiffrage jusqu'à l'acompte.

1. Ce qu'un devis doit obligatoirement contenir

Un devis n'est pas un simple message avec un chiffre dedans : c'est un document qui doit comporter votre identité (nom, SIRET), les coordonnées du client, la date d'émission, une description précise de la prestation (matières, dimensions, finitions), le prix unitaire et le montant total HT, la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » si vous êtes en franchise en base, une durée de validité de l'offre (souvent 1 à 3 mois) et les conditions de paiement. Sans ces mentions, votre devis n'a pas de valeur d'engagement clair, ni pour vous ni pour votre client — et c'est souvent là que naissent les litiges sur commande sur mesure.

2. Chiffrer une pièce qui n'existe pas encore

Pour une création sur mesure, la méthode reste la même que pour votre coût de revient habituel — matières, emballage, main d'œuvre, machine, frais généraux, marge — mais avec un poste en plus : le temps d'échange avec le client. Croquis, allers-retours sur les couleurs, ajustements de dimensions : comptez ce temps comme de la main d'œuvre, au même taux horaire que votre fabrication. Exemple : une bague sur mesure qui demande 2h de fabrication et 45 minutes d'échanges avec la cliente, à 25 € de l'heure, c'est 2,75 h × 25 € = 68,75 € de main d'œuvre à intégrer au calcul, pas seulement les 2h de sertissage.

3. Prévoir une marge de sécurité pour les imprévus

Une commande sur mesure apporte son lot de surprises : une correction de taille qui consomme plus de matière que prévu, un essai raté qu'il faut refaire, un client qui demande une troisième proposition alors que vous en aviez prévu deux. Ajoutez une marge de sécurité de 10 à 15 % sur votre coût calculé, spécifique aux pièces sur mesure et distincte de votre seuil de marge habituel, pour absorber ces imprévus sans avoir à renégocier le prix en cours de projet — une situation toujours inconfortable une fois le travail commencé.

4. Demander un acompte, fixer une date de validité

Sur une pièce sur mesure, un acompte de 30 à 50 % à la commande n'est pas de la méfiance envers votre client : c'est une protection légitime, parce qu'une matière achetée pour une commande précise ne se revend pas facilement à quelqu'un d'autre si le client se désiste. Fixez aussi une durée de validité à votre devis (30 jours par exemple) : sans elle, un client peut le signer six mois plus tard, une fois vos prix matière repartis à la hausse, et vous vous retrouvez à honorer un tarif devenu perdant.

5. Présenter le devis comme un argument, pas une liste de prix

Un devis détaillé poste par poste (« sertissage main : 1h30 », « argent massif 925 : 12 g ») aide votre client à comprendre ce qu'il paie, bien mieux qu'un total unique sorti de nulle part. C'est aussi le meilleur moment pour désamorcer une objection sur le prix avant même qu'elle n'arrive : un client qui voit le détail du travail négocie beaucoup moins qu'un client qui ne voit qu'un chiffre.

Un devis bien construit n'est pas une formalité administrative : c'est le moment où vous transformez votre coût de revient en engagement clair, pour vous et pour votre client. Si chiffrer une pièce sur mesure vous oblige à refaire le calcul à chaque fois sur un coin de table, CopilArt applique votre méthode habituelle — matières, main d'œuvre, marge — à n'importe quelle nouvelle création, sur mesure ou non, en quelques secondes.