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Comment fixer votre prix quand une boutique vous propose du dépôt-vente
Une boutique de créateurs, un concept store ou une galerie vous tend les bras pour du dépôt-vente : elle vous accueille en rayon, vous ne touchez rien tant que ça ne se vend pas, et elle se sert une commission au passage. Séduisant sur le papier, souvent sans frais d'entrée — mais attention au piège : si vous fixez votre prix public au pifomètre, la commission peut grignoter toute votre marge en silence, et vous ne vous en rendrez compte qu'en faisant les comptes à la fin du mois. On vous montre comment calculer un prix qui reste rentable une fois la commission retirée, et les clauses du contrat à passer au peigne fin avant de signer.
1. Dépôt-vente, revendeur, marketplace : trois mécaniques, zéro confusion possible
Le dépôt-vente ne joue pas dans la même cour que la vente en gros à un revendeur ou la vente sur une marketplace comme Etsy. Chez un revendeur classique, vous vendez ferme un lot à prix de gros, point final : la boutique fixe ensuite son propre prix public, ça ne vous regarde plus. En dépôt-vente, vous restez propriétaire du stock jusqu'à la vente : c'est vous qui fixez le prix public, la boutique se rémunère par une commission sur ce prix (souvent 20 à 40 %) et vous reverse le reste après la vente, généralement sous 30 jours. Rien n'est payé d'avance, et les invendus vous reviennent sur les bras. Cette différence change tout le calcul : ici, la commission se retire de votre prix public, elle ne s'ajoute pas à un prix de gros fixé à part.
2. La formule qui évite de se faire manger par la commission
Bonne nouvelle : c'est la même logique que pour n'importe quel canal à commission, frais Etsy ou marketplace compris. La formule : prix de vente = coût de revient ÷ (1 − marge visée − taux de commission). Prenons une bougie dont le coût de revient réel est de 8 €, avec une marge visée de 35 % et une boutique qui prend 30 % de commission. Votre prix public devient 8 ÷ (1 − 0,35 − 0,30) = 8 ÷ 0,35 ≈ 22,90 €. On vérifie : sur cette vente, la boutique prélève 30 % de 22,90 €, soit 6,90 €, il vous reste environ 16 € nets, dont vous retirez votre coût de revient de 8 € : il vous reste 8 € de marge, soit environ 35 % de votre prix public. Sans ce calcul, la tentation est grande de repartir de votre prix de vente direct habituel en espérant que la commission s'y loge toute seule — mauvaise pioche, elle dévore alors une bonne partie de ce qui devait rester votre marge.
3. Le prix affiché, c'est votre stylo, pas celui de la boutique
Certains contrats de dépôt-vente glissent une clause qui laisse la boutique « ajuster le prix si besoin », surtout pendant les soldes ou pour écouler un stock qui traîne. Repérez-la et refusez-la, ou encadrez-la fermement (remise maximale, durée, accord préalable) : on ne signe pas ça les yeux fermés. Si vous perdez la main sur le prix affiché, vous perdez aussi la main sur votre marge — et un·e client·e qui a chiné une pièce en solde chez ce dépositaire risque bien de venir négocier le même tarif directement avec vous plus tard. Le prix public reste votre décision, la commission reste celle de la boutique : les deux ne se discutent pas à la même table.
4. Le coût qu'on oublie toujours : votre stock qui dort en rayon
Le calcul de marge, aussi juste soit-il, ne raconte pas toute l'histoire : en dépôt-vente, vos créations peuvent patienter des semaines, des mois en rayon avant de trouver preneur — ou ne jamais le trouver. Pendant ce temps-là, les matières que vous y avez englouties dorment, immobilisées : impossible de les vendre ailleurs, impossible de récupérer cet argent. Avant de dire oui, demandez la durée du dépôt et les conditions de retour des invendus, et ne confiez que des pièces dont l'absence ne mettra pas votre trésorerie sur les genoux. Une marge de 35 % qui a fière allure sur le papier ne vaut rien si la moitié du stock déposé vous revient invendue six mois plus tard.
5. Plusieurs boutiques, plusieurs commissions : gardez le fil sans y laisser des plumes
Si vous jonglez avec plusieurs boutiques en dépôt-vente, chacune avec sa propre commission, la tête vous tourne vite : quel prix pratiquer où, sans s'emmêler les pinceaux ? Dans CopilArt, chaque canal de vente (dépôt-vente, marketplace, revendeur, boutique physique) se configure avec sa commission, et l'outil recalcule automatiquement le prix à afficher pour atteindre votre marge cible sur ce canal précis, à partir du même coût de revient. Fini le risque d'appliquer par erreur le prix pensé pour votre boutique en ligne à un dépôt qui prend 30 % de commission.
Le dépôt-vente reste une belle vitrine, à condition d'en connaître le vrai prix : la commission de la boutique, le temps que le stock dort en rayon, le risque des invendus. En partant systématiquement de votre coût de revient plutôt que de votre prix de vente habituel, vous savez à l'avance si la commission proposée est vivable — et vous gardez la main sur le prix, quoi qu'il arrive derrière la vitrine.
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