8 août 2026 · 6 min de lecture
Comment fixer votre prix quand une boutique vous propose du dépôt-vente
Une boutique de créateurs, une concept store ou une galerie vous propose de mettre vos créations en dépôt-vente : elle vous prend en rayon si vous acceptez de vous rémunérer seulement sur ce qui se vend, en lui laissant une commission au passage. C'est une vitrine séduisante, souvent sans frais d'entrée — mais si vous fixez votre prix public à la légère, la commission peut ronger toute votre marge sans que vous vous en rendiez compte avant la fin du mois. Voici comment calculer un prix qui reste rentable une fois la commission retirée, et les points du contrat à vérifier avant de dire oui.
1. Dépôt-vente, revendeur, marketplace : ne pas confondre les mécaniques
Le dépôt-vente a une mécanique différente de la vente en gros à un revendeur ou de la vente sur une marketplace comme Etsy. Chez un revendeur classique, vous vendez ferme un lot à prix de gros et la boutique fixe ensuite son propre prix public. En dépôt-vente, vous restez propriétaire du stock jusqu'à la vente : c'est vous qui fixez le prix public, la boutique se rémunère par une commission sur ce prix (souvent 20 à 40 %) et vous reverse le reste après la vente, généralement sous 30 jours. Rien ne vous est payé d'avance, et les invendus vous reviennent. Cette distinction change tout le calcul : ici, la commission se retire de votre prix public, elle ne s'ajoute pas à un prix de gros fixé séparément.
2. La formule : intégrer la commission dans votre prix public
Comme pour tout canal qui prélève une commission, la logique est la même que pour les frais Etsy ou marketplace : prix de vente = coût de revient ÷ (1 − marge visée − taux de commission). Prenons une bougie dont le coût de revient réel est de 8 €, avec une marge visée de 35 % et une boutique qui prend 30 % de commission. Votre prix public devient 8 ÷ (1 − 0,35 − 0,30) = 8 ÷ 0,35 ≈ 22,90 €. Vérification : sur cette vente, la boutique prélève 30 % de 22,90 €, soit 6,90 €, il vous reste environ 16 € nets, dont vous retirez votre coût de revient de 8 € : il vous reste 8 € de marge, soit environ 35 % de votre prix public. Sans ce calcul, la tentation est de partir de votre prix de vente direct habituel et d'espérer que la commission rentre dedans — elle grignote alors une bonne partie de ce qui devait être votre marge.
3. Gardez la main sur votre prix affiché
Certains contrats de dépôt-vente laissent la boutique « ajuster le prix si besoin », notamment pendant les soldes ou pour écouler un stock qui traîne. Refusez cette clause, ou encadrez-la strictement (remise maximale, durée, accord préalable). Si vous perdez le contrôle du prix affiché, vous perdez aussi le contrôle de votre marge — et un·e client·e qui achète en solde chez ce dépositaire risque de venir négocier le même prix directement avec vous plus tard. Le prix public reste votre décision, la commission est celle de la boutique : les deux ne se négocient pas au même endroit.
4. Le vrai coût caché : l'immobilisation du stock
Le calcul de marge ne suffit pas à lui seul : en dépôt-vente, vos créations peuvent rester plusieurs semaines ou mois en rayon avant de se vendre, voire ne jamais se vendre. Pendant ce temps, les matières que vous y avez investies sont immobilisées — vous ne pouvez ni les vendre ailleurs, ni récupérer cet argent. Avant d'accepter, demandez la durée du dépôt et les conditions de retour des invendus, et ne déposez que des pièces dont vous pouvez vous passer sans que ça bloque votre trésorerie. Un prix qui dégage 35 % de marge sur le papier n'est pas rentable si la moitié du stock déposé revient invendue six mois plus tard.
5. Suivre plusieurs dépôts sans perdre le fil
Si vous travaillez avec plusieurs boutiques en dépôt-vente, chacune avec sa propre commission, il devient vite difficile de savoir quel prix pratiquer où sans y perdre. Dans CopilArt, chaque canal de vente (dépôt-vente, marketplace, revendeur, boutique physique) se configure avec sa commission, et l'outil recalcule automatiquement le prix à afficher pour atteindre votre marge cible sur ce canal précis, à partir du même coût de revient. Vous évitez ainsi d'appliquer par erreur le prix pensé pour votre boutique en ligne à un dépôt qui prend 30 % de commission.
Le dépôt-vente est une bonne vitrine tant que vous en connaissez le vrai coût : la commission de la boutique, le temps que le stock reste immobilisé, et le risque des invendus. En partant systématiquement de votre coût de revient plutôt que de votre prix de vente habituel, vous savez en amont si la commission proposée est vivable — et vous gardez la main sur le prix, quoi qu'il arrive en boutique.
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Voir aussi : Comment calculer votre prix de gros quand une boutique veut revendre vos créations
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